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Le saviez-vous ?
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La production de lait en Haïti (traite et commercialisation de lait) est une activité pratiquée, de manière générale, sous une forme traditionnelle, en élevage familial.
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La production de lait local est peu transformée. La plus grande partie de cette production est, à l’heure actuelle, consommée sous forme de lait frais (lait acheté cru et bouilli à la maison).
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Dans les zones grandes productrices de lait frais (Cap-Haïtien, les Cayes), le lait local compte pour de 30 à 45 % de la consommation des ménages. Ailleurs, et en particulier à Port-au-Prince, la consommation de lait frais local est négligeable, du fait qu’il est peu disponible sur ce marché. Il est remplacé par le lait évaporé et le lait en poudre, tous deux importés.
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La majorité des Haïtiens considère le lait comme un produit de base essentiel à l’alimentation. Voilà pourquoi les dépenses du pays en produits laitiers importés se chiffrent à près de 40 millions de dollars américains. Le lait le plus consommé en Haïti est le lait importé, car il se conserve plus facilement et est, de surcroît, plus facile à trouver sur le marché que le lait local. Précisons que le lait local doit être bouilli et conservé dans un endroit réfrigéré, et qu’il est, trop souvent, mélangé avec de l’eau. Pourtant, le pays posséderait présentement le nombre nécessaire de vaches (entre 450 000 et 700 000) pour satisfaire à la demande actuelle du pays. En effet, il y a un nombre suffisant de vaches pour fournir une quantité de lait égale, voire supérieure aux importations, soit 90 000 tonnes métriques (TM) par
année.
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CONTRAINTE LIÉE A LA FILIERE "LAIT" |
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Bon nombre de paysans possédant des vaches ne produisent plus de lait à cause de différents problèmes.
- Le lait est un produit fragile, et les moyens de conservation font défaut.
- Les unités industrielles de transformation de lait ont dû fermer leurs portes (au cours des vingt dernières années) à cause de l’absence d’énergie électrique, du mauvais état des routes, de l’insécurité, etc.
Le fait qu’il n’existe pratiquement plus d’ateliers de transformation, le lait est commercialisé par des marchands traditionnels de lait cru, qui le distribuent de porte à porte. Les marchands de lait ne garantissent pas des prix et des paiements stables aux producteurs. Il n’existe aucun contrôle de qualité, et trop souvent, on ajoute de l’eau, ce qui fait du lait cru un produit considéré comme étant de mauvaise qualité par le consommateur. |
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Le système traditionnel de commercialisation a des difficultés à faire face aux variations saisonnières de l’offre et de la demande. Pendant les vacances scolaires d’été (de juillet à septembre), la demande en produits laitiers chute de façon marquée. Les enfants ne vont plus à l’école et vont davantage privilégier la consommation de fruits au lait (les fruits étant plus faciles d’accès durant cette saison). Sans compter que c’est la période où l’herbe est le plus abondante, où les vaches (la plupart) donnent naissance à leur veau et produisent le plus de lait (il y a un surplus de lait durant l’été).
- Il existe malgré tout certaines activités artisanales de transformation. Parmi les plus importantes, on compte :
- Des petites unités formelles de transformation de lait en yaourt et en lait stérilisé aromatisé;
- Des fabricants de douces et de cremas, AK100, crème glacée et autres produits à base de lait.
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CREATION DU PROGRAMME
"LÈT AGOGO" |
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Pour que le lait local gagne des parts de marchés par rapport aux laits importés, il est nécessaire d’améliorer sa qualité sanitaire et son image en ce sens. De plus, il faut aussi rendre le lait plus facile d’accès pour les familles et faire en sorte que sa conservation soit plus facile.
C’est dans ce contexte difficile qu’est né le programme Lèt Agogo, une initiative de VETERIMED, une ONG haïtienne (créée en 1991) d’appui au développement de la production de lait en Haïti. Lèt Agogo est le nom commercial d’une série de produits laitiers disponibles sur le marché comme le « Yawout », qui est un yaourt frais au goût naturel et aromatisé à différentes saveurs; et « Lèt-Bèf » qui est un lait entier stérilisé et aromatisé au chocolat, à la vanille et à la citronnelle. |
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La première laiterie (créée en 2002) produisant des produits Lèt Agogo a pris naissance dans la commune de Limonade située dans le nord du pays, et, dès la première année de son existence, elle transformait jusqu’à 600 litres par jour! Depuis lors, plus d’une douzaine de laiteries ont été mises sur pied dans différentes parties du pays par des organisations locales appuyées par VETERIMED. Aujourd’hui, on peut parler d’un réseau national des laiteries Lèt Agogo, qui sont pratiquement les seules entreprises du pays à utiliser du lait local. |
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UNE LAITERIE "LÈT
AGOGO" TYPE |
- Possède une capacité de 65 gallons/jour (ou 250 litres/jour). Elle peut produire environ 1 000 bouteilles de 10 oz chacune de lait stérilisé.
- Est approvisionnée par une centaine de paysans possédant entre une et dix vaches.
- Emploie une dizaine de personnes et permet à un même nombre de vendeurs de lait d’avoir des revenus stables.
- Coûte (en ce qui concerne sa mise en place) 3 500 00 gourdes.
- Peut générer plus de 5 millions de gourdes par année (somme distribuée, entre autres, sous la forme de paiements de lait pouvant atteindre 1.352. 000 HTG.
- Peut réaliser des bénéfices nets/an pouvant dépasser 500 000 HTG.
Les partenaires du réseau doivent respecter des obligations très précises. Par exemple, assurer la participation des paysans producteurs de lait comme associés dans l’entreprise. Les autres engagements tiennent à des règles de gestion et à des normes de fabrication. Les partenaires doivent également offrir une assistance technique aux organisations d‘éleveurs (soins vétérinaires, organisation de la production, participation des femmes, etc.).
Pour ces entreprises, le fait d’être membre du réseau leur permet de bénéficier de la formation et de l’encadrement technique de VETERIMED, et de nombreux autres avantages, comme l’approvisionnement groupé des intrants en matières premières, l’emballage, les services de marketing et de commercialisation, etc. |
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| BIBLIOGRAPHIE |
Chancy, Michel ;
analyse du secteur élevage ; filières bovins viande, bovins lait, caprins, poulets intensifs, œufs, poulets indigènes, cuniculture, apiculture ; identification des créneaux potentiels dans les filières rurales haïtiennes ; MARDNR / BID, juin 2005.
www.veterimed.org.ht
Consortium CECI-SOCODEVI-TECSULT &PRODEVA ; Diagnostic par filière ; MARNDR/PIA ; octobre 2005.
Damais Gilles ; les filières rurales haïtiennes ; rapport de synthèse ; identification des créneaux potentiels dans les filières rurales haïtiennes ; MARDNR / BID, octobre 2005.
IRAM / AGRISUD ; étude de faisabilité d’un projet d’appui à l’agriculture urbaine de Port-au-Prince ; MARNDR, 2002.
MARNDR / Banque Mondiale ; Développement rural en Haïti : diagnostic et axes d’intervention ; étude dirigée par le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural et la Banque Mondiale (Unité du développement social et environnemental durable / région de l’Amérique Latine et des Caraïbes) ; mai 2005.
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