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TEMPÊTE
TROPICALE/INONDATIONS
Des pertes considérables pour l'agriculture
Les dernières tempêtes tropicales qui se sont abattues sur Haïti ont
provoqué des pertes considérables dans le secteur agricole, selon les
premières évaluations du ministère de l'Agriculture, des Ressources
naturelles et du Développement rural (MARNDR). « Beaucoup de plantations
ont été ravagées à travers le pays », indique Joanas Gué, ministre de
l'Agriculture.
Les dégâts ont été particulièrement considérables à l'Arcahaie, l'une
des principales zones productrices de banane du pays, après le passage
de Hanna. Des pertes importantes ont également été enregistrées au
niveau de la Plaine des Cayes, de la Plaine du Cul-de-Sac, etc...
Ces intempéries risquent de conduire à une faible disponibilité
alimentaire dans le pays, reconnaît le ministre de l'Agriculture.
Quelle est la gestion faite du foncier ?
La mauvaise gestion du foncier est l'une des causes majeures de la
vulnérabilité des espaces cultivables aux catastrophes naturelles, selon
l'ingénieur-agronome Serge Michel Pierre-Louis, spécialiste en
environnement et en foncier.
La densité élevée de la population conduit à une utilisation abusive des
ressources forestières, et de manière générale à une utilisation abusive
du sol, soutient-il.
« Puisqu'il n'y a pas une véritable politique de gestion des bassins
versants, que ce soit en amont et en aval, la faiblesse de la capacité
de rétention des eaux accroit la vulnérabilité des terres aux
inondations », déclare l'ingénieur-agronome Pierre-Louis, directeur
exécutif du Groupe de réflexion sur le foncier (Gref).

Insécurité alimentaire : améliorer la perspective
Dans son dernier bulletin de conjoncture, la Coordination nationale de
la Sécurité alimentaire (CNSA) avait fait état d'une possible
détérioration de l'insécurité alimentaire dans le pays en fin d'année.
Les risques de cyclones faisaient partie des principales raisons
évoquées.
La destruction des nombreuses plantations justifie la crainte évoquée
par la CNSA. Cependant, les dernières inondations montrent également la
nécessité d'un renforcement des investissements dans le secteur agricole
et dans l'agro-industrie pour exploiter les nombreuses opportunités
offertes dans les filières porteuses.
L'aide alimentaire ne pourra satisfaire de façon viable et durable la
demande issue de la population victime des catastrophes naturelles.
L'agriculture ravagée mérite une action rapide de relance, à travers
toute la chaîne de production, et un soutien efficace du pouvoir public,
qui pourra se traduire dans le prochain budget de la République, en vue
de renforcer la sécurité alimentaire en Haïti.
Par Agropresse |