TEMPÊTE TROPICALE/INONDATIONS
Des pertes considérables pour l'agriculture
   

Par Agropresse, 09  Septembre 2008

TEMPÊTE TROPICALE/INONDATIONS
Des pertes considérables pour l'agriculture


Les dernières tempêtes tropicales qui se sont abattues sur Haïti ont provoqué des pertes considérables dans le secteur agricole, selon les premières évaluations du ministère de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR). « Beaucoup de plantations ont été ravagées à travers le pays », indique Joanas Gué, ministre de l'Agriculture.

Les dégâts ont été particulièrement considérables à l'Arcahaie, l'une des principales zones productrices de banane du pays, après le passage de Hanna. Des pertes importantes ont également été enregistrées au niveau de la Plaine des Cayes, de la Plaine du Cul-de-Sac, etc...

Ces intempéries risquent de conduire à une faible disponibilité alimentaire dans le pays, reconnaît le ministre de l'Agriculture.

Quelle est la gestion faite du foncier ?

La mauvaise gestion du foncier est l'une des causes majeures de la vulnérabilité des espaces cultivables aux catastrophes naturelles, selon l'ingénieur-agronome Serge Michel Pierre-Louis, spécialiste en environnement et en foncier.

La densité élevée de la population conduit à une utilisation abusive des ressources forestières, et de manière générale à une utilisation abusive du sol, soutient-il.

« Puisqu'il n'y a pas une véritable politique de gestion des bassins versants, que ce soit en amont et en aval, la faiblesse de la capacité de rétention des eaux accroit la vulnérabilité des terres aux inondations », déclare l'ingénieur-agronome Pierre-Louis, directeur exécutif du Groupe de réflexion sur le foncier (Gref).

Insécurité alimentaire : améliorer la perspective

Dans son dernier bulletin de conjoncture, la Coordination nationale de la Sécurité alimentaire (CNSA) avait fait état d'une possible détérioration de l'insécurité alimentaire dans le pays en fin d'année. Les risques de cyclones faisaient partie des principales raisons évoquées.

La destruction des nombreuses plantations justifie la crainte évoquée par la CNSA. Cependant, les dernières inondations montrent également la nécessité d'un renforcement des investissements dans le secteur agricole et dans l'agro-industrie pour exploiter les nombreuses opportunités offertes dans les filières porteuses.

L'aide alimentaire ne pourra satisfaire de façon viable et durable la demande issue de la population victime des catastrophes naturelles. L'agriculture ravagée mérite une action rapide de relance, à travers toute la chaîne de production, et un soutien efficace du pouvoir public, qui pourra se traduire dans le prochain budget de la République, en vue de renforcer la sécurité alimentaire en Haïti.

Par Agropresse