AQUACULTURE
Programmes nationaux de Développement de la Pêche et de l'Aquaculture en Haïti
   

Par Agropresse, 02 Mars 2009


Les 19  et  20 février 2009, à l'Auditorium de la Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) à Damien,le Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) a
organisé un Atelier  de Validation des Programmes nationaux de Développement de la Pêche et de l'Aquaculture en Haïti,
  
Cet atelier s'inscrit dans le cadre de l'élaboration de la Politique  Agricole nationale et servira de base pour le développement harmonieux du secteur par la mise en œuvre  d'actions prioritaires sur le court, le moyen et le long terme.


Cette démarche permettra de définir, avec tous les acteurs concernés par le développement du secteur,  les objectifs clairs et mesurables ainsi que les actions concrètes qui devront être réalisées..
 

Résumé des programmes présentés:

Pêche:
 
Avec ses 1535 km de côtes, Haïti est le deuxième pays de la Caraïbe en étendue de zones côtières (après Cuba), ce qui reflète un potentiel considérable en ressources marines. Le secteur de la pêche regroupe 52 000 familles et près de 20 000 commerçants. Il est jusqu'à ce jour l'un des secteurs ruraux les plus marginaux et délaissés d'Haïti. Les importations représentent près de 75% de la consommation nationale de poisson. De nouvelles techniques, comme les Dispositifs de Concentration de Poissons DCP, permettent d'augmenter très significativement les prises et donc les revenus des pêcheurs, ce qui permet d'espérer un développement important du secteur. Les produits de la mer sont rapidement périssables, de ce fait elles doivent être très vite vendues et consommées, réfrigérées ou séchées pour pouvoir être vendus ultérieurement. Il n'y a pas assez d'infrastructures de conservation et les techniques de séchage pourraient être améliorées. Face à ces défis, les acteurs du secteur, en particulier les pêcheurs, ont commencé à s'organiser.
 
Aquaculture et Pêche continentale:
 
La production haïtienne de poissons couvre moins d'un quart de la consommation du pays. La pêche continentale (dans les lacs, étangs et rivières) et l'aquaculture, c'est-à-dire l'élevage de poissons fournissent 15% de la production nationale de poisson. La pêche continentale est largement majoritaire : sa production représente trois fois celle de l'aquaculture. La pêche continentale est réalisée par des petits pêcheurs, et de ce fait ce secteur a une forte importance sociale. L'aquaculture est réalisée par des entrepreneurs de taille variable : les plus petits font de l'aquaculture en complément à d'autres activités agricoles et nourrissent généralement leurs poissons avec des aliments locaux. Les plus grosses entreprises sont spécialisées et utilisent des aliments importés. Même s'ils souffrent de la concurrence souvent déloyale des importations, ces produits ont un potentiel de développement important sur plusieurs types d'espaces. On peut pratiquer la riziculture combinée avec l'aquaculture sur les surfaces irriguées,  les retenues collinaires peuvent être empoissonnées, les eaux intérieures mieux exploitées, et enfin des bassins ou structures appropriées peuvent être aménagés dans les ravines et ainsi réduire l'érosion.

Compte tenu de l'importance de ce secteur, sous la coordination du Secrétaire d'Etat à la Production Animale, un groupe de travail a préparé une proposition de programme national de développement pour le secteur, qui va être discutée lors d'un forum les 19 et 20 octobre 2008. Ce groupe a réuni des acteurs du secteur privé, des fonctionnaires du MARNDR et des professeurs de la Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire.
 
Les propositions présentées dans le document ont pour objectifs de créer des sources de revenus durables et sont en accord avec les orientations du document de Stratégie Nationale de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSNCRP) et vont bénéficier prioritairement aux populations les plus pauvres, tout en favorisant une gestion responsable des ressources naturelles et de l'environnement. En effet dans le DSNCRP, le secteur de l'agriculture et de la pêche est identifié comme le premier pilier pour la croissance.

Le programme visera en priorité l'amélioration de la pêche artisanale, en particulier en lui fournissant la possibilité d'augmenter ses prises en construisant des Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) et en installant des infrastructures de réfrigération. Le développement de la pêche maritime s'appuiera aussi sur un programme de recherche conduit en Haïti, en particulier avec la FAMV, portant en particulier sur les techniques de pêche et de conservation.

Il s'agira en outre de soutenir l'organisation du secteur, en particulier des pêcheurs pour qu'ils puissent mieux participer au développement et bien gérer la ressource en poissons et fruits de mer. Un registre pour les embarcations, les pêcheurs et les marchands (es) sera créé, ainsi qu'un système de suivi des activités de la pêche. Des Comités Communaux de Suivi (CCS) seront créés, regroupant la Mairie, la Direction Départementale de l'Agriculture et les principaux acteurs de la pêche, ainsi qu'un Office de Pêche, regroupant le secteur public et privé, pour organiser les concertations nécessaires au niveau local et national. Ce dispositif organisationnel sera complété par le renforcement de la Direction de la Pêche et de l'Aquaculture du MARNDR, et de la réactualisation de la législation sur la pêche maritime.

Dans le cas de la pêche continentale, l'Etat organisera l'empoissonnement des sites intéressants, et veillera à ce que la ressource en poisson soit bien gérée, en stimulant l'organisation des pêcheurs. Pour cela, plusieurs fermes de production d'alevins seront réhabilitées ou construites, en particulier à Damien et à Pandiassou. Pour l'aquaculture, il s'agira de développer des modèles d'entreprises adaptés aux petits producteurs, soit travaillant de façon autonome ou en groupements, avec de l'alimentation locale, soit en travaillant pour une entreprise spécialisée qui fournira les intrants et achètera la production. L'Etat veillera à ce que développement de ces entreprises respecte l'environnement et la justice sociale. Dans les deux cas, des actions de recherche-développement seront conduites pour améliorer l'alimentation des poissons, la conservation et la transformation des poissons. L'accent sera mis sur des technologies adaptées aux pêcheurs et à leur environnement (énergies renouvelables, séchage, saumurage…).

Ces programmes permettront d'augmenter la disponibilité en poissons et fruits de mer pour le marché local et pour l'exportation en passant de 15 000 Tonnes par an à 20 000 tonnes et d'augmenter la production annuelle de la pêche continentale de 600 à 3000 TM et celle de l'aquaculture de 400 à 4 000 TM, d'ici 2013.
 


Source : Agropresse