|
PRODUCTION
ANIMALE/HAÏTI
Vers une politique nationale pour le secteur de l’élevage
Sept groupes de travail réfléchissent actuellement sur un plan
quinquennal de développement pour le secteur de l’élevage en Haïti.
C’est ce qu’a informé le Secrétaire d’État à la production animale, le
Dr Michel Chancy, interrogé par Agropresse.
50 professionnels et experts dont des spécialistes en élevage, des
agronomes, des vétérinaires, des membres du secteur privé et des membres
d’organisations font partie de ces groupes. Ces professionnels et
experts auront à produire des réflexions sur sept thématiques retenues:
1- la pêche et l’aquaculture,
2- la production et la transformation du lait,
3- l’aviculture et la porciculture intensive,
4- l’élevage paysan et les systèmes agro-écologiques,
5- la santé animale,
6- l’innocuité et la sécurité sanitaire des produits de l'élevage ;
7- l’apiculture.
Ce programme sera axé sur la conciliation entre agriculture, élevage et
environnement, a souligné le secrétaire d’État à la production animale.
Une fois achevé, le document sera examiné, amendé, complété puis validé
par une assemblée plus large, la plus représentative possible, au cours
de forums nationaux qui seront organisés autour de chacun des sept
thématiques. Une étape de validation finale dans les différents
départements du pays sera réalisée à partir d’un travail de concertation
étroite piloté par les Directions départementales du ministère de
l’Agriculture, des Ressources naturelles et du développement rural (Marndr),
a précisé le Dr Chancy.
Ces groupes de travail ont été lancés en octobre. Leur travail devra
être terminé pour fin janvier 2009, a promis le Secrétaire d’État à la
production animale.
Par ailleurs, le Marndr vient de rendre public le programme de relance
pour le secteur de la production animale, suite aux dernières
catastrophes qui ont frappé le pays. Ce programme d’urgence, conduit par
la Secrétairerie d’État à la production animale, ayant à sa tête le Dr
Michel Chancy, devra toucher, de façon directe, 46 387 familles. Les
bénéficiaires indirects seront au nombre de 135 000 familles.
Les six composantes du programme se présentent comme suit: 1) pêche et
aquaculture ; 2) production et transformation du lait ; 3) aviculture ;
4) élevage caprin ; 5) apiculture ; et 6) santé animale.
En ce qui concerne la composante « pêche et aquaculture », le ministère
vise la réhabilitation de 4 stations piscicoles. 5302 pêcheurs de 27
associations devront être équipés en Dispositif de concentration de
poissons (DCP). Des matériels de conservation et de commercialisation
devront être distribués à 2830 personnes. Le programme prévoit en outre
la construction et la réparation de matériels de pêche pour au moins
2000 pécheurs.
La première année de mise en œuvre du programme devra conduire à la
production de 5 millions de poissons.
Construction de sept laiteries/fromageries en perspectives.
En ce qui a trait à la composante « production et transformation du lait
», le programme d’urgence devra conduire à la recapitalisation rapide de
3 000 exploitations agricoles paysannes par l’amélioration des
techniques d’élevage de bovin, la prévention de maladies et la
génération de revenus provenant de la production et de la transformation
du lait.
Parmi les projets à réaliser, le ministère compte implanter 7 laiteries/fromageries
dans des zones fortement décapitalisées et ayant un potentiel de
production. Les zones suivantes ont été retenues: Jérémie, Chantal,
Petite rivière de Nippes, La Montagne Jacmel, Plaine de Gonaïves,
Léogâne, Arcahaie. « C’est le point de départ pour un programme du
Marndr qui visera la mise en place d’une laiterie par commune (137
communes) dans les 10 prochaines années », informent les responsables du
ministère, dans le document rendu public.
Les fromageries resteront des propriétés de l’État (terrain et
construction), qui passera des contrats d’opération et de mise en valeur
avec des organisations locales de producteurs ou communautaires,
expliquent les autorités du Marndr.
La construction de ces laiteries/fromageries devra donner lieu à :
- La formation de 3000 éleveurs sur : les techniques de production de
lait, l’hygiène du lait, l’alimentation du bétail et la protection de
l’environnement, la prévention de maladies ;
- La formation de 49 transformateurs ;
- Le renforcement de 21 organisations de producteurs ;
- La transformation de 546 000 litres de lait pour la fabrication de 120
120 livres de fromage dès la première année de fonctionnement des
laiteries/fromageries ;
Au niveau de la composante « aviculture », le Marndr entend mettre des
poulets à la disposition de 10 000 familles. 28 000 pondeuses rustiques
devront être produites et livrées. La mise en place de 155 unités
d’élevage de 150 poulets de chair est prévue dans les zones
péri-urbaines. Les actions pour la composante « aviculture » devront
toucher plus de 75 000 bénéficiaires directs, selon le ministère de
l’Agriculture.
Recapitaliser les familles rurales.
Pour ce qui est de la composante « élevage caprin », le programme entend
conduire à la recapitalisation de 8000 familles rurales. « 4000 éleveurs
dont au moins 40 % de femmes seront encadrés pendant 6 mois aux
techniques d’élevage caprin performant et respectueux de l’environnement
», prévoit le programme. Parallèlement, 8000 chèvres devront être
distribuées aux personnes sinistrées pendant 6 mois.
En ce qui a trait à la composante « apiculture », le programme vise la
recapitalisation de 200 familles rurales. Des actions seront entreprises
pour former 200 apiculteurs aux techniques de conduite et de gestion du
rucher. Parallèlement, 6 ébénistes devront être formés dans la
fabrication de ruchers.
Au niveau de la composante « santé animale », le programme prévoit la
vaccination de 90 % de la population animale exposée aux méfaits de la
maladie du charbon. La mise en place de 10 pharmacies vétérinaires
départementales est également prévue.
Par ailleurs, la Secrétairerie d’État à la production animale se donne
pour priorité l’intégration de 60 jeunes médecins vétérinaires formés à
Cuba dans les structures mises en place par le ministère, selon le Dr
Chancy.
Le programme d’urgence du Marndr pour le secteur de la production
animale est exécuté dans un contexte de décapitalisation de nombreuses
familles, suite aux dernières catastrophes naturelles. Les circonstances
ont porté le président René Préval à mettre en place, pour la première
fois en Haïti, une Secrétairerie d’État chargée spécifiquement de la
production animale. La mise en œuvre du programme d’urgence pour le
secteur de la production animale coûtera 159 millions de gourdes à
l’Etat haïtien.
Source : Agropresse
|