©2019 - Vétérimed,

no 2 Babiole angle Wilson 1ère, Port-au Prince , Haïti, HT6114,

veterimed@gmail.com

Actualité ...

Opportunités d'investissements - PRODUCTION ET TRANSFORMATION DU LAIT en Haïti :

Congrès Citadelle de Montréal

le 12 octobre 2019

(Articles antérieurs)


Le Dr Michel CHANCY, de l'Université Quisqueya et membre du Conseil d'adminitration de Vétérimed et de l'Association Sa Se Biznis Pa m (SSBP) a présenté les opportunités d'investissement dans la filière lait en Haïti

Transcription de la présentation


Je vais vous parler des opportunités qui existent dans la production et la transformation du lait en Haïti.


En Haïti, le lait et les produits laitiers font partie des aliments de base de la population

Des enquêtes de consommateurs nous montrent que toutes les catégories de la population, enfants, femmes enceintes, sportifs, personnes âgées, considèrent le lait comme essentiel à l’alimentation et consomment des produits laitiers.


Avant de vous en dire plus sur le lait, j’aimerais vous donner quelques informations sur la production des aliments en Haïti.

On a l’habitude de dire qu’on ne produits plus rien en Haïti.


Nous autres, de l’université Quisqueya, nous venons de participer à une étude sur la sécurité alimentaire qui nous montre, que globalement entre 50 et 60% des aliments consommés sont encore produits localement.

Bien sûr, dans les année 80 c’était plus de 81%, et aujourd’hui la tendance est à la baisse, parce que la population augmente et la production nationale ne suit pas.


En fait la situation varie selon le types de produits


Vous tous vous savez que nous mangeons essentiellement du riz importé, plus de 75% , mais regardez ce tableau :  saviez-vous que 80% de maïs consommé est produits localement ?


Pour les produits d’origine animale, vous pouvez voir que les deux produits les plus importés sont les morceaux de poulets et les produits laitiers, mais 97% de la viande de bœuf et 100 % de la viande de cabris est locale.


On estime d’ailleurs que 15 à 30% de la viande de cabris consommée en République dominicaine vient d’Haïti.


Le lait fait donc partie des 6 plus importants produits d’importation, pour environ 90 millions de dollars par an, après le riz, le blé, le sucre et l’huile de cuisson.


Voici donc un résumé de la provenance des produits de consommation alimentaire :


Les produits locaux : Le maïs, le pitimi, les pois, les tubercules, la viande : bœuf et cabris


Les produits importés : Le riz, le blé, l’huile, le sucre, les morceaux de poulet, le lait


Revenons sur la question de l’élevage de bœufs


Nous avons environ 1 million de familles paysannes. La moitié d’entre elle possèdent une vache.


Les animaux comme les vaches constituent la banque du paysan, c’est son épargne. Un épargne qui fructifie car elles sont là pour faire des petits chaque année et ce sont ces petits qui nous procurent toute cette viande de bœuf, qui est un des plus importants produits de l’agriculture haïtienne, pour un chiffre d’affaires estimé à plus de 150 millions de dollars américains par an

Quand une vache met au monde un petit, elle a du lait et donc 500 000 vaches c’est un potentiel énorme de production de lait.


Ces chiffres ont pu être vérifiée grâce au programme national d’identification du bétail qui a eu pour objectif de lutter contre le vol du bétail


La grande majorité des animaux sont identifiés plus de 1 million d’animaux sont enregistrés dans une base de données et chaque mois entre 10 000 et 15 000 nouveaux animaux sont enregistrés ceci depuis plus de cinq ans – vous pouvez voir les derniers chiffres de la base de données consultée au moment de préparer cette présentation.


Donc le potentiel de production est prouvé, mais la difficulté c’est que le lait est un produit extrêmement fragile.

À cause de sa fragilité, sa commercialisation est plus difficile que celle de la viande. Une vache de Jérémie arrive vivante à Port-au-Prince et est abattue en ville pour être commercialisé.


Le lait de Jérémie ne peut pas arriver à Port-au-Prince tel quel, par manque de moyen de transformation pour sa conservation. Le lait local et donc laissé aux veaux et une partie est auto consommé par les familles paysannes, mais ce produit n’arrive pas en ville.


Le marché est donc inondé de produits importés qui sont faciles de distribution et de conservation


Il existe quelques produits locaux traditionnels fabriqués avec du lait local, comme les douces Marcos.


Mais depuis 2002 une nouvelle gamme de produits locaux existent, ce sont les produits du réseau Lèt agogo

Vétérimed, ONG haïtienne spécialisée dans la production et santé animales est à l'origine de la création de ce réseau de microentreprises de transformation de produits laitiers.


Vétérimed est propriétaire du label "Lèt Agogo ® " qui est mis  à la disposition de toutes entreprises communautaires ou privées qui veut participer à la mise en valeur de la production nationale de lait en suivant le cahier des charges du label.


Vétérimed offre formation et appui technique.

Environ 2000 petits producteurs regroupés dans une fédération nationale sont propriétaires de 35 petits centres de transformation de lait à travers les 10 départements du pays qui bénéficie de l’expertise de Vétérimed.

L’un des plus grands défis dans la production et la commercialisation du lait et dû à la saisonnalité de la production

Il y a une période de forte production est une période de faible production, lié au climat , aux pluies. Malheureusement la demande est inversement proportionnelle à la production. Quand il y a beaucoup de lait, au mois de mai, il y a aussi beaucoup de mangues et la population a tendance à consommer moins de produits laitiers et quand il n’y a plus de mangues, les gens retournent vers le lait, mais c’est à ce moment que baisse la production à cause de la saison sécheresse


Une seule solution : la transformation pour la conservation


Lèt Agogo avait commencé avec la production de yaourts un produit très apprécié mais qui ne se conserve que 22 jours et cela en réfrigération


Vous pouvez-vous imaginer les difficultés dans un pays avec tant de problèmes d’électricité.


Le réseau a pu relever ce défi avec la production de lait stérilisé de longue conservation qui se fabriquent n’importe où, avec des équipement simples, sans électricité et surtout, peut se conserver sans réfrigération pendant neuf mois


C’est un produit très apprécié


Fabriqué selon les recettes traditionnelles avec de la vanille de la citronnelle et de la cannelle.

De plus le réseau a mis au point plusieurs types de fromage qui est également se conservent pendant des mois.


Après avoir fourni du lait dans les écoles tout de suite après le tremblement de terre et 2010, le défi est de renforcer notre présence sur le marché commercial, qui offre de grandes opportunités 


Quatre points importants 


  1. Le marché est là il est évalué à plus de 120 millions de dollars américains il est occupé par des produits importés, parce que les produits locaux de meilleurs qualité ne sont pas disponibles

  2. Les vaches sont là, il y en a 500 000, le potentiel de production est supérieur aux volume d’importation

  3. Des produits locaux ont été développés, ils sont très appréciés par les consommateurs, aujourd’hui nous ne pouvons pas répondre à la demande.

  4. Les unités de transformation sont là, certaines ont fermé leurs portes après le tremblement de terre et d’autres problèmes de management, les infrastructures sont disponibles, il ne manque que les fonds de roulement pour relancer la production et une reprise de leur gestion



Nous sommes à la recherche de financement pour augmenter la production et répondre à la demande insatisfaite


Les financements nous permettront d’augmenter les équipements, de concentrer plus de vaches autour des Laiteries et d’acheter la matière première


Dans un second temps nous lancerons un appel pour augmenter le nombre d’unités de transformation.

Le réseau lèt Agogo est un "tet ansanm " de plusieurs partenaires, venez vous joindre à nous


En Haïti il y a beaucoup de problèmes et les problèmes politiques sont liés au manque d’opportunités économiques, c’est la misère et le chômage qui provoquent la violence.

La liste des problèmes est très longue mais la liste des opportunités est encore plus grande.